Menu

Ce jour là d’corvée …, j’allais chercher l’aîné à l’école.
j’entrepris le trajet à vélo. Bancal le vélo … N’empêche que le voyage, de moi même et du gamin de gouaille, de l’école au bercail me fit voyager des ailes du bonheur. Je vous le dis : Ça existe le bonheur !

C’est d’une doudoune rouge vif aux portes de l’école qu’il m’a cueillit. Et moi habillé comme un chlag, le vélo vert … : C’est l’trio gagnant ! Repérés, on peut dire qu’on l’est ! la joie s’repère facile ici bas. Ici … là, dans le quartier cimetière de Saint-Ouen, les silhouettes mortes reprennent vie à notre passage ! de rires même !
En présence d’êtres libres ils aspirent le devenir. Une brindille aux yeux foncés posée de tout son rire, son dos contre mon torse, sur mes genoux l’gamin ! – « Mes quenoux […] » qu’ils disent les fistons quand ils s’parlent, – Mais non mais non : Debout sur l’cadre parfois ! Les pieds se croisent et les mains comme elles peuvent tiennent le guidon et font tinter la sonnette ridicule … Ça roule, tout roule et chaque coup de pédale dans le temps œuvre sur les boucles blondes, laisse place aux ondulements châtains, tendent vers le raide maintenant, et la pente … Et la pente !!! «Le monde vous appartient ! » s’disaient les anges sur nos épaules, conscients de vivre des notes heureuses entre les murs gris du quartier du coin, ils défilent les murs, les jours … Et l’hiver qui émèche nos âmes …; qui tente de griser encore plus les souvenirs en construction, – jolis les souvenirs – , ne nous atteint pas. Nous ne sommes jamais ivres pour rester heureux, l’éméchement suffit.

Poème de Nissim Adda
Photo du film The kid(Charlie Chaplin)

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *