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La nuit tombe et je tombe avec elle.

La question se pose toujours. S’est-elle toujours posée ?

Le piano apparaît lumineux. Jasent les accords d’une guitare basse et pleure la clarinette … Elle raconte ce que jamais aucun homme n’a su raconter. Elle pleure toujours même quand elle rit. Elle vit toujours …, même si elle pleure.

La souffrance je ne la comprends ni ne la souhaite à mon pire ennemi. Qu’ils tombent les ennemis d’Israël ! Qu’ils tombent et qu’ils emportent les peines et les douleurs avec eux. Que se réjouisse le monde des saveurs de l’Éternel. Le vin déborde du verre laissant trembler mon front dans un reflet bordeaux. La bouteille reste remplie. Elle ne se videra plus. Abondance d’un nouveau temps, l’Histoire peut enfin commencer. En attendant la question se pose toujours :

Emportent-ils, dans le gouffre de leur chute les accords majeurs ? les peintures et les danses ? Les chantres transgressifs ? Les silhouettes minces et les vêtements instables qui se battent contre le vent ? Ils me donnaient pourtant l’impression de planer. S’ils planent si haut, contiennent-ils de la lumière ? La même qui éclore de la bouche du sage. Ses mains sont lourdes, ses épaules tombent mais ses paroles volent à notre secours …, nous allègent des souffrances messianiques et de la bêtise ambiante. La même qui rend drôle les bambins sales et mal coiffés. Tombent en riant et se lèvent en pleurant.

La nuit tombe et je tombe avec elle.

Poème de Nissim Adda
Peinture de
Maurycy Gottlieb

 

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